PREMIERES
RENCONTRES MYCOLOGIQUES
Lors de la fête de
l’automne de leuglay
26-27-28 septembre
2025
C’est une première dans les annales de la SMC. A l’occasion de la fête
de l’automne de Leuglay trois jours de rencontres entre les sociétés
mycologiques d’Is-sur-Tille, Dijon et Chatillo, ont été organisées. Ces
rencontres ont bénéficié du soutien du parc National des forêts, de la
Communauté de Communes du Pays Châtillonnais, de la Société d’Histoire Naturelle
d’Arc-en-Barrois, de l’ONF et la présence de nombreux experts mycologues nationaux.
Parmi ceux-ci Régis Courtecuisse : professeur à la faculté des sciences
pharmaceutique et biologique de Lille II, Nicolas Van Vooren, membre de la
Société Mycologique et Botanique du Dauphiné-Savoie ainsi qu’Angelo Mombert :
jeune mycologue autodidacte, représentant du Conservatoire Botanique de
Bourgogne Franche-Comté.
En
plus des récoltes sur le terrain, en vue d’une d’une exposition, nous avons
bénéficié d’intéressantes conférences sur la fonge et ses prolongements
scientifiques. Deux interventions ont été ainsi programmées : l’une le
samedi soir, par Daniel WIPF, l’autre le dimanche par Régis COURTECUSSE. Daniel
WIPF, professeur de biologie et physiologie végétale à l’université de
Bourgogne nous a parlé des liens entre les champignons et la forêt. Regis
COURTECUISSE traita des champignons en matière d’environnement et biodiversité.
Ces deux conférences furent suivies par un nombreux public fort intéressé et parfois
surpris d’apprendre l’importance des champignons dans la vie de la forêt. Sans
champignons, pas de forêts et inversement !

Un public
attentif, pendant la conférence de Régis Courtecuisse
Une prospection sur le terrain, durant trois
jours a concerné la forêt domaniale de Châtillon et celle de La
Chaume-Lignerolles.

Conciliabule !
Qui part à droite ? Qui part à gauche ? au bout de la jetée
Paradoxalement, ces lieux, argilo-calcaires
plus humides apporteront moins d’espèces que les plateaux calcaires. Cependant
tout le monde semble satisfait devant la promesse d’une belle exposition,
Enfin vint le dimanche, jour ouvert au grand
public et jour où sont exposées les récoltes des jours précédents, récoltes qui
impressionnent toujours le badaut en quête de surprises. Pourtant notre stand a
été placé dans un endroit peu facile d’accès en raison des caprices de la météo
responsable de l’inondation des lieux habituellement réservés aux exposants.
Face au nombre impressionnant de cagettes
rapportées des bois, il a fallu toute la science d’Angelo et Denis pour
déterminer cette avalanche de sporophores. Pas moins de 326 espèces ont pu être
mises sur assiettes.

Angelo et Denis, à la table de
détermination…

des visiteurs nombreux et ravis !

Pour le profane, un régal des yeux, toujours
ébloui par la multiplicité des formes, des couleurs, des ornements, des odeurs
et des saveurs ; pour le mycologue, fût-il simplement en herbe, ou déjà
expert, la satisfaction de savoir qu’au moins trois espèces rares, jamais
encore répertoriées dans le Châtillonnais ont été découvertes : Chlorencoelia
verniformis (proche des pézizes), Sarcodon lepidus et surtout Resipinatus americanus dont
la littérature affirme que cette espèce n’existe pas en Europe, qui
a été trouvée (photo jointe) sur bois morts de conifères.
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Chlorencoelia verniformis
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Sarcodon lepidus
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Resipinatus americanus
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Tout le monde s’étant donné à fond pour que
la réussite soit au rendez-vous. Même la météo nous a réservé » 3 journées
ensoleillées, après une semaine de fortes pluies, noyant le site de la fête,
obligeant la Maison de la Forêt à « pailler » le sol pour que les
visiteurs aient les pieds au sec ! Cette pluie surabondante a eu malgré
tout le mérite de stimuler une importante pousse de champignons.
Ces rencontres n’auraient pu avoir lieu sans
le travail obscur des préposés au ravitaillement des nombreux bénévoles. Plus
de 40 bouches à nourrir du jeudi soir au dimanche midi.
Bravo et merci à Josiane et Jacques nos cuisiniers
infatigables, qui ont régalé tout le monde, aussi bien par leurs repas que par leurs
pique-niques.
Merci à eux et
merci à tous ceux qui ont œuvré autour de ce duo de choc. J’espère n’oublier
personne en citant : Philippe, Brigitte et Jean-Luc, Geneviève, Marie-Claude,
Yves Maryse, Nadine, les jeunes étudiants d’Is/Tille et tous ceux qui étaient
là au dernier repas pris en commun. N’oublions pas Annie à la caisse !
LES CHAMPIGNONS
Expliqués par Pierre sur
"Ici Bourgogne"
L’ex France-Bleue Bourgogne est venue en
reportage dans le Châtillonnais à la suite de notre manifestation lors la Fête
de l’Automne de Leuglay qui a rassemblé les trois sociétés mycologiques du
département. Reportage fait en forêt domaniale de La Chaume, au cours d’une
promenade guidée par Pierre. Un nouvel éclairage sur "le champignon"
en direction des profanes, un petit coup de pub pour notre Société, puisque
pendant 5 jours, en début de matinée et en fin d’après-midi, la radio régionale
a diffusé ce que leur journaliste avait recueilli des explications de notre
vice-président.
Chaque
jour, pendant quelques minutes, les renseignements recueillis auprès de Pierre
durant leur balade en forêt ont été diffusés sur les ondes. Nous avons suivi
avec intérêt les questions du journaliste et les réponses, à portée de tous,
faites par Pierre.
À tout seigneur,
tout honneur. Il était bon de rappeler, au tout début, ce qu’est un champignon.
Ce n’est pas simplement ce que notre œil perçoit, car en réalité, le champignon
est cette masse de filaments (le mycélium) celui qui vit
caché et ne produira des
sporophores (champignons) que
si les conditions météorologiques le permettent. Ce mycélium est essentiel aux
arbres car il s’effectue entre lui et les racines des arbres une symbiose
nutritionnelle importante. On a l’habitude de dire : "Sans
champignons pas de forêts !"
Au fil des minutes, le journaliste, curieux,
s’est intéressé de près à notre Société. Au cours de la balade en sous-bois,
les questions ont fusé pour en savoir plus sur la vie et les buts de notre association.
Et Pierre d’expliquer que la SMC va souffler ses quarante bougies en 2026, que
parmi les buts principaux de notre société, figure l’inventaire des espèces
répertoriées au fil des ans (Cet inventaire s’élève à quelques 1200 espèces
environ). Il indique également que le Châtillonnais a la chance de posséder de
vastes forêts appartenant soit au domaine public, soit aux communes ou encore à
des particuliers. Il mentionne également la pluviométrie importante du
chatillonnais en hausse depuis une quarantaine d’années (contrairement aux
idées reçues), en raison du réchauffement climatique.
Tous ces critères font que certaines espèces ont tendance à
être moins nombreuses (les morilles) tandis que d’autres prolifèrent. Cette
année il a été cueilli de très nombreux cèpes ainsi que de nombreuses amanites
des césars, champignon très rare il y a peu.
Continuant leur promenade en pénétrant dans
le sous-bois, tout en devisant, leurs yeux furent vite attirés par de nombreux
champignons qui poussaient alentour. Ici une troupe de tricholomes terreux que
les gens appellent des petits gris des sapins en référence à leur couleur ;
plus loin le chapeau rouge d’une russule et encore la tache blanche parmi les
feuilles de Ramaria, sans doute botrytis que le commun des mortels nomme
chou-fleur. C’est aussi l’occasion d’expliquer ce qu’est une cortine en
observant l’heureuse découverte de la grosse boule grise d’un cortinaire
praestans, "cortinaire remarquable" (ci-contre à gauche) et plus loin les corolles
dépassant de la mousse des frêles chanterelles en tubes…
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Russules de quelet
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Clitocybes nébuleux
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Chanterelles en tubes
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S’intéressant
de plus près à son guide, le journaliste a voulu savoir comment Pierre est
arrivé à la mycologie. Alors Pierre d’expliquer qu’il était un enfant du pays,
de la campagne et des forêts, et que comme tous les petits garçons, il allait
aux champignons avec son grand-père. Lorsqu’il a pris sa retraite et qu’il est
revenu "au pays", c’est tout naturellement qu’il s’est intéressé à la
Société mycologique.
Enfin, vinrent les inévitables questions :
--- Est-ce que vous êtes amateurs de champignons,
quelles sont vos recettes préférées et quel est le champignon qui a votre
préférence ?
--- Il y a tant de façons d’accommoder les
champignons ! Vous pouvez faire un mélange de plusieurs espèces, poêlé avec
du beurre, de l’ail et du persil. Vous pouvez ajouter des œufs pour faire une
omelette. Les cèpes peuvent servir d’accompagnement à une viande ou être
consommés seuls, frits ! Cette
année, l’amanite des césars a été trouvée en grande quantité Personnellement, je
n’en ai jamais trouvé et jamais mangé. Ce serait un grand plaisir d’en déguster
pour voir si leur réputation gastronomique est réelle !
En conclusion, nous n’en saurons pas plus, il fut question
de truffes, de beurre de truffe, de poularde demi-deuil…. A vous mettre l’eau à
la bouche.